État

Vous avez reçu un message

Alix aura 6 ans dans quelques jours et cette année il va fêter son anniversaire pour la première fois avec des copains et copines de sa classe qu’il a choisi.
Dans la cour de récréation, les invitations officielles, les enveloppes bleues, ont été une sorte d’aimant, tous les enfants se sont agglutinés devant lui pour savoir s’ils allaient en recevoir une.
Notre Alix a été méthodique, ne voyant même pas ceux qu’il n’avait pas prévu d’inviter et scrutant autour de lui pour trouver les « élus » !
Sans timidité et investi de cette mission, il les distribua avec conviction.
Camille qui a reçu une invitation lui a offert un grand sourire,
Marc l’a remercié avec surprise,

Axel, lui a même sauté au cou de joie.
Aujourd’hui dans son cartable : une enveloppe.
Il y a des courriers qui sentent la barba-papa, les contes de fées, la gentillesse infinie de l’enfance.
Des petites attentions spontanées qui créent la surprise, l’étonnement, un sourire, du bonheur dans le cœur.
Aujourd’hui Alix a reçu à son tour une carte.
Je n’en dirais pas plus avec des mots, il suffit de la voir pour comprendre à quel point elle est belle.
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État

La blessure au cœur d’une maman

L’année dernière Alix a voulu accompagner son papa à la boulangerie pour acheter du pain.
Au détour d’un trottoir il  a aperçu trois escargots, deux côte à côte et le troisième plus excentré. Il a continué de marcher et finalement est revenu sur ses pas.
 Il a regardé l’escargot à la traîne et lui a dit :
 » Il ne faut  pas rester tout seul, c’est pas rigolo, je te remets à côté de tes copains »  en le reposant avec les deux autres.
Anecdotique peut-être mais déjà à ce moment-là j’ai senti que même s’il n’exprimait pas de frustration liée à un éventuel rejet, il pouvait en être conscient, le voir, le reconnaître, le subir.
Il est évident qu’Alix s’épanoui beaucoup plus dans une relation à deux plutôt qu’au milieu d’un groupe parce les codes sont démultipliés et donc plus stressants et fatiguants mais aujourd’hui, du haut de ses bientôt 6 ans, la relation à l’autre reste une donnée qu’il ne maîtrise que très théoriquement.
Il est arrivé des dizaines de fois qu’il attende qu’on lui remette un coupon d’invitation, les voyant passer dans la cour de récréation, pour une fête d’anniversaire ou un goûter sans jamais en obtenir un. Il s’est écoulé des journées où il comptait le temps qu’il restait avant que son copain puisse venir à la maison. Tous les jours depuis la rentrée, en voyant la maman d’Adam il l’interpelle pour savoir s’il peut aller chez lui, sans jamais s’essouffler.
Alix a un sourire rempli de soleil, et il est d’une valeur d’autant plus grande maintenant que j’arrive à comprendre ce à quoi il est capable de faire de l’ombre : son sentiment de frustration.
Dans son imaginaire, si on lui demande de créer une histoire, il mettra en place une scène avec trois personnages dont l’un, plus à l’écart, dira aux autres « je suis tout seul, venez jouer avec moi ».
Son éducatrice depuis quelques semaines sent qu’il est captivé par cette configuration et imprégné de cette situation très parlante.
Et aujourd’hui, à la sortie des classes, il m’a expliqué avoir donné son goûter à une petite fille « comme ça elle va m’inviter à son anniversaire, c’est elle qui me l’a dit ! »
J’en ai eu les larmes aux yeux.
Comment le cœur d’une maman qui ne veut que panser les plaies, rêve de rendre le quotidien magique, aspire à envelopper son enfant d’amour, peut-il entendre et comprendre qu’il sera impuissant face à l’une des douleurs les plus grandes de son enfance ?
Je suis capable de déplacer des montagnes, je pense même, sans vanité aucune, en avoir déjà déplacée quelques-unes.
Je peux arrêter de dormir pour qu’il ne manque de rien, apprendre un autre langage, des autres codes, une manière différente de penser pour pouvoir être la plus proche de lui. Je peux devenir informaticienne, bricoleuse, médiatrice, institutrice, avocate, psychologue, pour lui apporter l’aide constante la plus pertinente.
Je peux stopper ma vie pour que la sienne s’épanouisse au mieux mais suis inexorablement sans ressource face à l’exclusion qu’il subit pourtant, en souriant, comme un vrai grand.
Ma blessure au cœur de maman. 
 ii

Première semaine

Alix a fait sa rentrée au CP.

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 Sans trop de stress, sans trop de réticences. 

 

La veille, le directeur nous appelait pour nous dire qu’une AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) serait présente dès son arrivée.

 

A 8H30 elle l’a accueilli avec un sourire, s’est installée à côté de lui au fond de la classe et lui a montré son enthousiasme d’être avec lui.

 

Elle sera à ses côtés le lundi matin, mardi matin, jeudi matin et vendredi après-midi.

 

Au sortir de la première matinée, Nathalie nous disait combien Alix est un enfant souriant, plein de bonnes volontés, désireux (peut-être même trop) de vouloir bien faire et avec de vraies capacités.

 

Du bonheur à l’état pur,  un sentiment de soulagement trop rarement ressenti depuis 2 ans!

 

Le mercredi, papa se fait interpeller par la maîtresse à la sortie de la classe:
« Sans Nathalie, Alix n’arrive pas à se concentrer, a du mal à suivre les consignes, fait du flapping, pleure même d’angoisse parce qu’il n’arrive pas à trouver sa gomme, ne comprend pas les différents temps de la matinée et ce qu’il doit faire.
Quand Nathalie n’est pas là je préfère le placer devant avec un autre camarade. »

 

Jeudi midi cependant Nathalie nous accueille le sourire aux lèvres :
« Les mathématiques n’ont aucun secret pour Alix !
Il a une très bonne dextérité, est minutieux, a compris que le tube de colle ne se referme que si le bâton ne dépasse pas, joue dans la cours de récréation et est plein d’enthousiasme. »

 

Vendredi midi, sans AESH, la maitresse ne dépeint pas le même tableau :
« Je dois être derrière lui, constamment, il veut bavarder avec son voisin, ne comprend pas les consignes, est volontaire mais perdu.
Il est évident qu’il y a un rythme à prendre, les enfants sont tous fatigués, mais Alix particulièrement. »

 

Nathalie, présente le vendredi après-midi nous dit qu’elle est curieuse de voir comment il se comporte en deuxième partie de journée et en sortant nous souligne elle aussi la différence de concentration entre le matin et l’après-midi.

 

 

Semaine en demi-teinte donc, où tout est encore à appréhender.

Pour nous aussi tout est nouveau, il a eu ses premières notes.

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Attendons de voir ce que la deuxième semaine nous réserve…