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Flapping or not flapping

Alix a  « flappé » pour la première fois le jour de ses 4 mois, lorsqu’il a goûté pour la première fois une compote de pomme. Tout de suite nous avons compris que cela voulait dire « J’AIME ! ». Nous n’avons, par contre, pas compris que c’était un signe.

Après cette première fois des milliers ont suivies.

Pour ses deux ans lorsque nous sommes partis rejoindre notre famille en vacances,  au premier repas Alix a goûté un bout de parmesan et immédiatement il a extériorisé sa joie. Tout le monde l’a regardé, s’est mis à rire en disant :
Regarde il fait l’oiseau !
Pour nous c’était devenu habituel alors nous avons juste expliqué la signification : « J’AIME ! ».
Plus il faisait l’oiseau, plus il était content et tous restaient amusés.

A la fin de la première année de maternelle nous avons été interpellés par la maîtresse. Elle nous disait : « Alix est immature, il faut le pousser à grandir, c’est normal c’est votre premier enfant vous voulez le câliner mais il ne s’intéresse pas aux autres et n’est pas réceptif à la valorisation positive ». Nous ne comprenions pas. Il papillonnait tellement à la maison !
Le premier pédopsychiatre que nous avons alors consulté nous a posé un milliard de questions. Effectivement Alix ne parlait pas beaucoup ou parfois de manière inadéquate mais il savait se faire comprendre : il fait l’oiseau quand il est content !
Elle nous a vite répondu que s’il a continué ces gestes enfantins plutôt que de les substituer au vrai langage  peut-être qu’un problème était présent.

Puis il y a deux ans, Alix en avait presque quatre, Josef Schovanec, autiste asperger, est interviewé dans une émission un dimanche midi.
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Après avoir expliqué n’avoir parlé qu’à l’âge de 7 ans, que tous les spécialistes le diagnostiquaient grand déficient mental (alors qu’aujourd’hui il parle une dizaine de langues et a deux doctorats), la présentatrice lui dit :
«  Comme la plupart des autistes vous faites du flapping pour vous détendre ».
Nous n’avions encore jamais entendu le vrai mot mais lorsqu’il l’a fait, à la seconde où il l’a fait, nous avons compris.
Josef Schovanec venait de nous révéler aussi simplement que possible que notre fils était autiste. Je me rappelle avoir vu l’émission en replay, paisiblement mais en larmes, une dizaine de fois ce jour-là. Je sais ne pas avoir été choquée par la révélation mais par le fait de voir pour la première fois une autre personne qu’Alix battre des mains, exactement de la même manière, et comprendre soudain que cela avait un nom, un sens beaucoup plus grand que celui que nous avions cru, et que c’était en réalité un signe parmi d’autres.

A l’école les petits camarades commençaient à se moquer de lui. On entendait :
« regarde maman c’est Alix, et ben tu sais Alix il fait toujours l’oiseau à la cantine et tout le monde fait pareil » c’était mignon.
Il y avait aussi la version moins édulcorée :
« Alix il fait l’oiseau tout le temps et tout le monde il se moque de lui à la cantine ». Beaucoup moins mignon.

Alors ce geste qui nous était familier a commencé à devenir notre hantise. Nous avons tellement eu peur qu’il devienne son et notre pire ennemi que nous avons pensé à le canaliser, le stopper, le maîtriser.

Aujourd’hui, après beaucoup de rendez-vous chez des spécialistes, lectures spécifiques et observations d’Alix nous savons que le flapping fait partie de lui. C’est son seul « vrai » gros trouble du comportement et essayer de le changer serait même néfaste, cela pourrait réveiller d’autres stéréotypies.
Nous avons aussi appris à mieux le connaitre : il y a le flapping « je suis heureux, excité », le flapping « je m’ennui, je ne sais pas quoi faire » et le flapping «  je me rassure, je suis anxieux ou fatigué, j’ai besoin de m’apaiser ».
Son besoin de le faire se rapproche (pardon pour la comparaison) au lien d’un fumeur à sa cigarette. Ne fume-t-on pas pour s’apaiser, pendant des temps de pause et même lorsque l’on est content, après un bon repas ou une bonne nouvelle ?

Possiblement qu’en devenant plus grand Alix prendra la décision seul d’arrêter, de continuer ou même de trouver un substitut en société pour éviter les regards. Quoi qu’il en soit nous avons compris que cela lui appartenait entièrement.
Le flapping est un élément clé, présent depuis le début, révélateur, à une époque sympathique, puis agaçant, et désormais tout simplement quotidien.

Flapping d’excitation.

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3 réflexions sur “Flapping or not flapping

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